Je présente d’abord mes excuses à mes aimables lecteurs pour ne reprendre qu’en mars 2026 la publication de ce post. Le point de départ était un dialogue nourri avec un de mes amis de ma génération, un libanais érudit et très expérimenté qui a partagé avec moi ses réflexions philosophiques et spirituelles. Il a vécu au Liban toute sa vie sans interruption, à l’exception de déplacements d’ordre personnel et professionnel. J’ai retiré à sa demande ce post, car nous étions en profond désaccord sur de nombreux points et je n’ai jamais souhaité que ce blog soit une confrontation d’idées. Je l’appellerai ici AL comme ami libanais.
Nos échanges m’ont fait beaucoup réfléchir sur la quasi-impossibilité de faire entendre aux personnes de ma génération mon espérance d’un dialogue intertextuel constructif intégrant les grands textes sacrés. J’écris donc pour les jeunes dont j’ai constaté dans mes dialogues de rue en France à quel point leur attitude était plus ouverte. Certes, nous allons parler du Liban où la situation est très différente, mais la réalité du décalage entre générations est caractéristique du monde contemporain. Je ne me sens pas du tout en phase avec les seniors dont je fais biologiquement partie à 75 ans.
L’inattendu dans ce délai imprévu est que cette nouvelle rédaction intervient alors que la folie guerrière frappe le Liban dont les habitants subissent à nouveau les guerres des autres, pris en otage entre deux puissants belligérants. Les mollahs iraniens et leurs affiliés des pays de la région sont en guerre ouverte contre Netanyahou et Trump qui ont décidé de lancer une guerre « préventive ».
Je viens de publier à chaud le post 118 car je me devais d’exprimer ma solidarité fraternelle pour toutes les victimes civiles des deux côtés et je le compléterai bientôt en fonction des nouvelles du terrain. Ce post se concentre sur le sujet long terme de l’avenir du Liban dont les jeunes générations décideront quand on les laissera enfin aux manettes.
1 La génération des 65-85 ans (le passé)
Je présente pour ce chapitre des extraits significatifs des textes envoyés par cet ami libanais et j’intercale mes commentaires.
AL : Je suis de confession grec-catholique melchite. Par contre, je ne cherche pas à défendre le DIEU de ma foi, ni à le comparer aux révélations que d’autres humains disent avoir reçues de Celui qu’ils appellent DIEU. A chacun de dire sa foi comme il l’a reçue de ses ancêtres et c’est à leur écoute que nous, humains d’aujourd’hui, pouvons aller de l’avant sur le chemin de la recherche de sens.
La foi ne vient à nous, effectivement, que par la tradition, laquelle est la transmission, à travers l’histoire, du témoignage et de la réflexion de ceux et de celles qui nous ont précédés, depuis les premiers événements fondateurs de cette même foi
Antoine : Une des caractéristiques du Liban est le très grand nombre de « confessions » (18 officiellement reconnues) qui se rangent soit dans le monde chrétien, soit dans le monde musulman. Pour la plupart, les croyants de nos générations meurent dans la religion dans laquelle ils sont nés. Les conversions, surtout pour quitter le monde chrétien ou le monde musulman sont très rares et posent de gros problèmes à l’entourage pour ceux qui vivent encore sur place. Par contre le glissement progressif vers l’agnosticisme peut se faire sans difficulté.
Il y aurait actuellement 1,5 million de réfugiés au Liban, surtout des sunnites venus de Palestine ou de Syrie, et leur intégration comme citoyens bouleverserait l’équilibre entre confessions. La population résidente est estimée à 6 millions et la diaspora, suivant les définitions, serait entre 8 et 14 millions. Dans un futur lointain et quand la situation dans la région se pacifiera, il est vraisemblable que beaucoup de libanais reviendront dans leur beau pays. Ils se sont certainement éloignés du système confessionnel.
AL : Les « système de croyance » (toute religion, idéologie athée, vision du monde, paradigme, parcours existentiel …) proposent des réponses à l’interrogation du sens ou du non-sens de la vie, que ces croyances se disent « révélées par un au-delà » ou non. Ils ont en commun, généralement, des « référentiels de valeurs » qui aident leurs adeptes à cohabiter pacifiquement avec les autres « systèmes » sous un même toit … dans une même cité.
Antoine : C’est surtout la coexistence entre fidèles de religions différentes qui pose depuis toujours un problème au Liban.
AL : Ces « systèmes » imposent à leurs adeptes des référentiels de comportement au quotidien visibles par les adeptes des autres « systèmes » (habits, voiles, burkas, symboles extérieurs, prières, rituels, types de nourriture etc…). Dans les sociétés plurielles, ils renforcent certes l’unité « physique/identitaire » des adeptes d’un même « système », jusqu’à se heurter directement aux référentiels adoptés par les adeptes des autres « systèmes ».
Antoine : Le problème continue à se poser dans la France contemporaine avec la tension entre la liberté individuelle et le port des signes religieux qui s’est amplifié avec la revendication identitaire d’une minorité de musulmans manipulés par des propagandistes sectaires sur les réseaux sociaux et dans certaines mosquées. Le Coran affirme en 2/256 : « Pas contrainte en religion ».
La logique des pouvoirs est de garder leur emprise sur leurs fidèles et d’augmenter leur nombre et il est plus facile de le faire en dénigrant une autre religion, voire en l’opprimant ou en la combattant. Les partis politiques athées font de même.
AL : C’est la cause de conflits sociétaux qui ne peuvent être surmontés qu’à la condition que tous les « systèmes » coexistant dans une même société plurielle adoptent la même approche : aucun d’eux n’est en droit d’imposer aux autres un système socio-économico-politique basé sur la distribution de privilèges/faveurs « au prorata du nombre d’adeptes de chaque « système ».
Antoine : Ceci fait référence au partage du pouvoir entre communautés religieuses pratiqué au Liban et inscrit dans la Constitution : le système politique est une démocratie parlementaire confessionnelle où les places sont réparties en fonction du nombre d’adeptes de chaque confession. Or des confessions reconnue comme un bloc, chiite ou protestant, sont en réalité très hétérogènes et souvent en concurrence pour attirer des fidèles dans leur culte, leur mosquée, leur église, leur temple.
AL : Il faut construire une laïcité respectueuse des référentiels de valeurs de chaque « système » par dépassement des référentiels de comportement propres à chaque « système » et l’intégration de TOUS au sein de l’identité socio-économico-politique qui les fédère. Le référence est le « bien commun » / « vivre ensemble ici et maintenant » de la société qui fait leur unité. Ce qui fera l’objet de négociations au sein de la cité (polis) plurielle.
Antoine : Je retrouve ici cette perception des sociétés anciennes où l’individu est membre d’un clan ou d’une communauté (d’un système) et non une individualité spirituellement libre. Il est évident que ce système confessionnel appartient au passé, mais dans un contexte régional de guerre entre pays voisins déclenchées en invoquant la religion et importées au Liban, la pacification des relations entre croyants au Liban sera très longue et devra attendre l’arrivée aux commandes de nouvelles générations.
Le pouvoir politique au Liban a toujours été monopolisé par quelques grandes familles associées aux grandes confessions et les figure dominantes sont des hommes plutôt âgés.
AL : Le « Bien Commun » socio-économico-politique d’une communauté nationale ne donne à quiconque une priorité parce qu’il est de telle ou de telle religion. Les humains sont tous égaux devant le « don » de la vie et leur réconciliation doit se faire en étant solidaires et en recherchant ensemble le « meilleur vivre ensemble possible ».
Chacun doit adhérer à une conscience d’appartenance citoyenne qui accepte unilatéralement qu’il n’a de « pouvoir » au sein de sa communauté nationale que par sa reconnaissance qu’il adhre, avant tout, aux valeurs partagées par cette même communauté nationale.
Ces valeurs citoyennes devront être admises par tous et toutes. Je sais que cela n’est pas facile mais ce qui est indispensable, c’est la reconnaissance que ni les religions ni les athéismes ne peuvent imposer « leur » « sens » aux autres. Le « sens » nous le recherchons ensemble au sein d’une communauté nationale qui construit, avec le temps … avec les guerres si nécessaires, ses propres valeurs partagées par toute la communauté. C’est là que les « religieux / idéologues athées et autres … », à la condition non négociable d’arrêter leurs langages extrémistes et exclusifs, peuvent contribuer à la réconciliation des humains entre eux.
Antoine : En intégrant le critère de citoyenneté, tu exclus de fait de nombreux humains qui vivent parfois depuis très longtemps dans un Etat qui ne les intègre pas.
2 Les discours communautaires ou nationaux
AL : Je vis ma foi chrétienne comme un patrimoine culturel qui m’a été confié et me donne des racines dans une communauté à laquelle je suis fier d’appartenir.
C’est la communauté des hommes qui décide de « se donner des prophètes » parce que, de cette façon, les humains assoient le pouvoir de leur communauté face au pouvoir des autres communautés, se permettant d’entreprendre leurs guerres identitaires au nom de leurs dieux, et pour asseoir leurs propres pouvoirs.
Antoine : Les prophètes au sens fort sont des hommes envoyés avec un message par le Créateur à divers peuples et époques. Ce Message transcende à l’évidence tout ce que les cerveaux humains sont capables de produire, y compris le prophète qui témoigne de ce qu’il a reçu par Révélation ou inspiration. Les pouvoirs religieux interviennent ensuite en parasites du message prohétique. J’ai souvent entendu cette assertion étrange que le Dieu des chrétiens n’est pas le même que le Dieu des musulmans.
AL : Moise, Jésus et Muhammad ne sont pas comparables. Le seul en rupture avec les autres est Jésus parce qu’il a compris que la Lettre tue et l’Esprit vivifie ! Cette révolution a « sorti » le judaïsme de la Lettre…
Muhammad l’y a ramené au galop, et pour cause !
Antoine : L’ignorance du Coran crée une zone obscure dans la réflexion de AL. En effet, le Coran dit en 10/99 : Si ton Seigneur voulait, tous ceux qui sont sur terre croiraient. Est-ce à toi de forcer les gens à croire ? Également en 50/45 : Tu n’as pas à les contraindre mais, avec ce Coran, à avertir quiconque craint mes menaces.
AM : Je n’ai aucune attirance particulière pour le Coran que je trouve construit en pièces détachées, répétitions et contradictions à n’en plus finir. Je le respecte comme un texte reconnu par ses adeptes comme sacré et qui est, de toute évidence, une tentative de réponse à la question du sens. La seule chose qui m’importe, c’est que l’Islam accepte qu’il ne possède pas la Vérité Absolue.
Antoine : On constate ici un fort préjugé d’ignorance chez AL à l’encontre du Coran mais pas de l’Evangile, c’est une caractéristique de l’univers mental des chrétiens. Les prophètes ne prétendent pas transmettre une Vérité absolue, ce sont les religions humaines qui prétendent le faire, il est difficile d’y voir clair si on confond ce que dit le Coran et ce que dit l’islam et a fortiori l’islamisme ou le chiisme.
« De ceux qui sont en les Cieux et la Terre, nul autre que Dieu ne connaît la Réalité imperceptible » (Coran 27/65). « La Vérité, c’est que le monde doit changer » (Jésus en 1974).
AL : J’ai été leader dans plusieurs étapes de ma vie professionnelle et de mon engagement dans la vie collective et celle de la cité. J’ai toujours pratiqué le discernement collectif tout en maintenant une main ferme dans la prise de décision. C’est par cette synergie dialectique que j’ai réussi, en toute humilité, à « changer le monde autour de moi ».
Jamais je ne me suis posé la question de connaitre la religion ou la confession des personnes avec lesquelles j’étais amené à collaborer ou à recruter dans le but de collaborer.
Cette attitude, je l’ai maintenue tout au long de la guerre civile qui a ravagé le Liban de 1975 à 1990 et, par la suite. J’ai réussi à mobiliser tous mes collaborateurs et concurrents à oublier leurs identités religieuses/confessionnelles pour se mobiliser à « faire du business » dans un cadre que nous « construisons ensemble » et qui permet à se développer et à réussir individuellement tout en contribuant au « Bien Commun ».
Antoine : En réalité, quand comme moi on connaît bien toutes les religions et qu’on converse librement de sujets généraux ou philosophiques, on identifie rapidement les convictions religieuses ou athées de son interlocuteur sans même lui poser la question. Mais on peut certainement, quand on est décideur, orienter l’action collective dans le sens d’un intérêt partagé, la réussite de l’entreprise ou du projet. A l’échelle d’une nation, surtout composite, la notion de « Bien commun » me paraît illusoire.
AL : Le seul espoir est de se battre pour un « Bien Commun » qui dépasse les appartenances identitaires des « systèmes de croyance ». Prétendre posséder la Vérité Absolue donne une force identitaire mobilisatrice des masses et aux répercussions politiques dont peu de dictateurs sont disposés à se passer !
Antoine : Ce que AL ne semble pas vouloir remarquer, c’est la nécessité de se libérer des manipulateurs de la religion et de la politique, et chacun peut le faire.
AL : Faire la guerre au nom de Dieu est une supercherie. Nous devons la faire « au nom des hommes et de leur aspiration à la fraternité universelle », seule utopie pour laquelle nous pouvons nous permettre de sacrifier nos vies.
Antoine : Etrangement, après avoir subi de nombreuses guerres, AL voit une issue par d’autres types de guerres.
AL : Il sera indispensable d’imposer cette « révolution » à tous les « systèmes de croyance » dans toutes les communautés nationales du monde !
Je dis bien que l’usage de la force sera nécessaire pour obliger tous les « systèmes » à affirmer de façon définitive et irrévocable le droit à l’existence des autres « systèmes », et à renoncer définitivement à imposer leurs propres « référentiels de comportement au quotidien ». De sorte que le « système » qui refuse d’entrer dans cette logique soit exclue de la communauté des hommes.
C’est dans ce contexte que je propose la création de l’Organisation Mondiale des Religions. Cela n’a rien d’une initiative béate. Il s’agit de défendre tous les humains contre toute sorte d’endoctrinement… cela inclut bien sûr l’endoctrinement que se préparent à nous imposer les tenants de l’Intelligence Artificielle.
Cet appel est indépendant des messages que nous avons reçus des prophètes et autres gourous de l’histoire de l’humanité. Il répond à la reconnaissance de la liberté de pensée et au respect de l’autre.
Antoine : SN disait dans le post 96b : « Il faudrait insister sur la séparation de l’Église et de l’État, dans le sens très large du terme Église pour inclure toutes les religions du monde. La croyance revient à l’individu, l’État est là pour servir l’ensemble de ses citoyens ». NH ajoutait : « La recherche du pouvoir est toxique en elle-même, qu’elle soit de la part des religieux ou des profanes. Le partage du pouvoir entre les communautés religieuses au Liban a été une erreur monumentale et a tué dans l’œuf toute perspective d’un état laïc ».
Nous avons connu cette évolution en France il y a plus d’un siècle, malgré la résistance acharnée du pouvoir religieux. Mais l’église catholique dominante s’était déjà discréditée auprès d’une bonne partie de la population et cette tendance lourde s’est accélérée depuis. Il faudra donc qu’une partie déterminante des croyants s’affranchissent des clergés religieux et retrouvent l’autonomie de leur foi.
C’est très peu probable dans la génération des 65-85 ans qui tient encore le pouvoir politique, et les idées exprimées par AM montrent à quel point, au Liban en particulier, sa génération est attachée à la tradition religieuse et à la logique de communauté.
Le vrai changement se fera dans les générations suivantes.
3 Les générations de transition (30-65 ans)
J’ai une expérience de plus de 40 ans d’échanges improvisés avec des humains croisés dans les lieux publics sur le sujet de Dieu et des religions. J’ai également observé attentivement ce qui se dit sur les médias et ce qui se passe dans les rayons des librairies : linéaire déployé, feuilletage et achats de livres par des lecteurs.
Une première observation est que l’intérêt pour la spiritualité indépendante des religions a fortement baissé au profit des discours et livres des autorités religieuses. Mais ils n’intéressent que leurs fidèles dont l’effectif se réduit. Un domaine bénéficiant d’un intérêt accru est celui de l’ésotérisme. Il a relayé la mode de consulter des voyantes par celle de la magie, en témoigne le succès mondial de Harry Potter. L’intérêt général pour la spiritualité semble plutôt superficiel, pour se distraire ou rêver.
La deuxième observation sur la population française vieillissante est la différence d’attitude en fonction des générations. Les seniors sont dans l’ensemble dans une situation confortable et répugnent à changer leurs habitudes ou à remettre en cause leurs idées héritées du hasard de leur naissance ou de leur parcours de vie.
La France est plutôt dans un agnosticisme vague ou une référence distante au catholicisme, le Liban est plutôt dans une logique d’appartenance à des communautés religieuses traditionnelles. Dans les deux cas, les seniors ne seront pas un catalyseur de changement. Or le Liban doit changer et changera. Il changera bientôt avec l’effacement des seniors du pouvoir ou de la visibilité sociale.
Les générations intermédiaires amélioreront la gestion politique pour plus d’efficacité, de justice sociale et moins de corruption. Ils reconstruiront l’économie du Liban et son attractivité, ce qui fera revenir les expatriés et/ou leurs investissements. La situation matérielle de nos amis libanais s’améliorera (elle ne peut guère être pire), ce qui favorisera la rénovation spirituelle.
Mais il changera aussi par ce bouleversement initié par les Messages du Créateur dont les croyants ont encore rarement entendu parler ou qu’ils n’ont pas remarqué dans les textes d’autrefois, la Bible et le Coran. Isaïe est un grand prophète, les chapitres de 1 à 40 sont de sa main, mais certaines prophéties portent probablement sur un futur lointain puisqu’un Jour pour Dieu est comme mille ans pour l’homme.
Voici Isaïe 29/17-19 : « Dans très peu de temps, le Liban ne sera-t-il pas changé en verger tandis que le verger aura la valeur d’une forêt ? En ce Jour-là, les sourds entendront la lecture du Livre, et, sortant de l’obscurité et des ténèbres, les yeux des aveugles verront. De plus en plus, les humbles se réjouiront dans le Seigneur, et les pauvres exulteront à cause du Saint d’Israël, car ce sera la fin des tyrans. »
J’ai de solides raisons de penser que ce Livre est le Zabour annoncé par le Coran (« Et nous avons apporté un Zabour à David » (4/163 et 17/55). Car un David, originaire du Liban, travaille depuis longtemps à ce qu’il appelle la « théorie du Zabour ». Mais ce travail ne sera pas publié à court terme. Il doit d’abord être achevé, et il ne sera rendu public que quand la situation dans le monde musulman s’y prêtera, ce qui est loin d’être le cas. Sa lecture du Coran rendra obsolète les interprétations traditionnelles.
Le Coran en 7/53 parle du Jour où viendra son interprétation, ce qui laisse à penser que les interprétations actuelles ne sont pas abouties ni exhaustives. Ce blog a évoqué le remarquable travail de traduction du Coran en français par le Dr Al Ajami qui a été récemment publié. Il nous apporte des éclairages innovants et balaie les interprétations violentes du Coran datant du califat.
Mais contrairement à David, Al Ajami ne prend pas en compte la Parole de 1974-1977 dont il a pourtant connaissance, il lui manque donc des éléments de réflexion déterminants. Par exemple, il affirme que les lettres initiales du Coran n’ont aucun signification, alors que David en a donné une explication très solide. Rien dans le Coran n’est là par hasard. David identifie le Forqan du Coran 3/4 avec la Parole de 1974-1977.
Ainsi, des changements majeurs dans la compréhension de la continuité prophétique interviendront alors que les générations intermédiaires seront parvenues au pouvoir au Liban. Mais, contrairement aux changements politiques qui peuvent être rapides, les changements dans les fois religieuses sont très lentes. « Quatre générations ne suffiront pas » nous dit Jésus en 1974. C’est quand la jeune génération sera devenue déterminante au Liban que les hommes se pencheront sur la lecture du Livre annoncé par Isaïe.
Il faudra du temps pour qu’il soit pris au sérieux car les pouvoirs religieux en place et le conformisme de leurs fidèles opposera une résistance farouche à cette déstabilisation de leurs convictions traditionnelles. Le changement de convictions a été rapide lors du ministère du prophète Muhammad, mais le contexte était très différent. Il appartiendra aux jeunes libanais ,restés sur place ou rentrés de la diaspora, de faire à nouveau de leur petit pays une lumière pour l’humanité. Ce sera la fin des tyrans, dans ce pays et ailleurs, ce que nous espérons tous, même si ma génération ne le verra pas de son vivant.
Ce que nous verrons bientôt, c’est l’arrêt de la folie guerrière personnalisée par Netanyahou qui a un intérêt personnel à rester au pouvoir en bombardant partout où il le peut et où pourraient se trouver des ennemis. Ses victimes sont majoritairement des civils innocents, femmes et enfants compris. La société israélienne ouvrira un jour les yeux et mettra fin à son règne sanglant et au cauchemar du Liban.
4 La génération des 15-30 ans (l’avenir)
Les jeunes sont l’avenir du monde, et quand il parviendront aux commandes au Liban, j’espère le plus tôt possible, le pays changera radicalement.
Mon espérance en ces jeunes tient à plusieurs raisons :
- Ils ne peuvent que constater la situation tragique de leur pays et réfléchiront à ses causes historique en remettant en cause le système instauré par les générations précédentes
- L’organisation confessionnelle est une spécificité libanaise qui a complètement échoué, ils la rejetteront
- Les discours des hiérarchies religieuses sont de moins en moins crédibles, ils les contesteront et disposent pour cela du Coran et de l’Evangile qui se passent très bien des théologies qui les parasitent
- Le Coran n’établit aucune autorité religieuse et les mythes du chiisme avec son imam occulté sont risibles quand on y regarde de près, ils le feront
- Les autorités religieuses romaines, byzantines ou protestantes, sont toutes tardives et établies dans des lieux éloignés de Canaan où Jésus enseignait alors que le Liban est beaucoup plus proche des lieux de pèlerinage rendant hommage à la prédication de Jésus, ils le constateront et refonderont leur christianisme
- Cette génération est déjà arrivée à l’âge adulte et se concerte beaucoup en interne, sans se laisser influencer par les parents ou les autorités en place
- Le niveau d’éducation des jeunes progresse rapidement, ils sortent du Liban pour leurs études ou sont bien informés de ce qui se passe ailleurs
- L’amitié et l’amour entre eux ne connaît pas de barrières religieuses et la connaissance mutuelle entre croyants progressera exponentiellement
- Les jeunes s’organisent et se concertent rapidement, ils pourront s’opposer courageusement aux dérives des hommes au pouvoir, on a beaucoup parlé du pouvoir de la génération Z dans des révolutions récentes
- Comme il s’agit avant tout d’une révolution de foi, les pouvoirs policiers auront beaucoup de mal à l’étouffer
Il y a certainement beaucoup d’autres raisons d’espérer, mais je ne vois pas comment cette belle jeunesse pourrait se laisser enfermer dans un système politique et religieux qui a prouvé sa nocivité et qui a planté ses fondations dans les sables mouvants de l’ignorance.