J’appelle ici Sapiens adamiques les humains qui ont acquis la connaissance d’un Créateur unique des mondes matériels et spirituels, Immanent et Transcendant, auquel chacun peut se relier directement avec son âme.

Ces « Adam et Eve » sont associés dans les récits prophétiques et peuvent s’appliquer à un couple ou à des couples d’un groupe de Sapiens, peut-être quelques milliers d’individus, à en croire la génétique, vivant en Mésopotamie.

1 L’expérience adamique selon les genèses

Le Don de la Parole à Adam/Eve

Le verset 70/4 du Coran parle d’une durée de 50 000 ans selon notre manière de compter entre la descente de l’Esprit et sa remontée vers Lui, que j’associe au Jour de la Résurrection. Nul ne sait quand ce Jour arrivera, mais quand je vois l’accélération des évènements dès le début de ce troisième millénaire, je peux faire une hypothèse.

Admettons que le Jour de la Résurrection arrive dans 1 à 6 millénaires. Dans l’hypothèse médiane, cela daterait l’épisode adamique de Don de la Parole vers – 45 000 avant notre ère. Or je constate qu’elle coïncide bien avec ce que nous savons du début de l’installation de nos ancêtres Sapiens dans cette zone géographique des premiers prophètes, présentée dans le post précédent.

Adam est-il un homme, ou représente-t-il toute une humanité ? Dans le Coran, Adam est d’abord une personne : Dieu lui enseigne les noms, lui parle, lui pardonne et le guide. Il est aussi le père des deux hommes dont le récit est rapporté ensuite.

La Genèse ouvre à une lecture plus large. Après avoir créé l’homme et la femme, le texte dit : « Il les bénit et les appela du nom d’Adam, le jour où ils furent créés » (Genèse 5,2). Quelques lignes plus loin, Adam désigne de nouveau l’individu qui engendre Seth. Le même nom peut donc désigner l’humanité masculine et féminine dans sa condition nouvelle ou un homme particulier.

Adam et la communauté de Sapiens qui l’entouraient auraient pu entendre cette Parole directement ou transmise par Adam et et la partager avec d’autres groupes humains.

Le Coran dit « Nous vous avons créés, puis Nous vous avons formés », et Dieu dit aux anges : « Prosternez-vous devant Adam » (7,11). Le « vous » collectif et Adam, individu singulier, sont dans le même récit.

L’épisode adamique n’est pas une Création biologique, mais inaugure une relation nouvelle entre le Créateur et les humains : le Don de la Parole spirituelle, de la conscience morale et d’une capacité d’aimer qui dépasse les liens familiaux ou tribaux.

La chute

Dans la Genèse, Adam et sa femme désobéissent ensemble. Adam est présent lorsque la femme prend le fruit et lui en donne ; lorsque Dieu les interroge, chacun cherche à rejeter la responsabilité sur l’autre. La relation de confiance se brise : ils se cachent, ont peur et découvrent la honte. C’est une rupture dans leur manière d’être au monde.

Le Coran insiste davantage encore sur leur responsabilité commune. Adam et son épouse reconnaissent ensemble : « Notre Seigneur, nous nous sommes lésés nous-mêmes » (7,23). En 20,122, le Seigneur accueille le repentir et guide. La chute n’est donc pas irréversible.

Le Don de la Parole divine ne garantit pas que l’homme en fera un bon usage, il ne supprime pas le mal. La même intelligence qui permet de dire la vérité permet aussi de mentir ; la même liberté qui permet de choisir l’amour permet de convoiter, de dominer et de tuer.

La Genèse illustre cette dégradation avec Lamek, descendant de Caïn. Il se vante d’avoir tué un homme et revendique une vengeance disproportionnée : « Caïn sera vengé sept fois, et Lamek soixante-dix-sept fois » (Genèse 4,24).

Alors commencent les premières tribulations des Sapiens adamiques : la Parole peut rapprocher de Dieu ou devenir un instrument de domination ; la puissance collective peut protéger les faibles ou permettre aux plus forts de les asservir. L’homme reçoit devient le « calife » du monde vivant, dit le Coran. Il peut exercer ce califat comme une maîtrise bienveillante ou comme un droit d’exploitation sans limite.

Longtemps après, des prophètes sont envoyés pour parler à l’humanité qui doit sans cesse réapprendre à aimer. Les hommes ont transformé la sublime Parole adamique en bruit, en mensonge individuel et collectif, ou en outil qui peut être mis au service de pouvoirs malveillants.

Le Rig Veda

C’est la référence initiale pour les 1,2 milliard d’hindouistes. Il appartient à la Shruti (« ce qui a été entendu ») dont les textes inspirés ont été transmis oralement pendant des siècles avant leur fixation écrite vers – 1 500 avant notre ère. Son mandala 10 est particulièrement intéressant.

Le 10.71 dit : « Quand fut prononcée à l’origine la première Parole (Vāc) et qu’on donna des noms aux choses, ce qu’il y avait en celles-ci de meilleur, de pur, et qui était caché, se révéla avec amour. Quand les sages eurent formé la Parole en leur âme… la beauté s’imprima sur leur langage. La ramenant, ils la partagèrent de multiples façons. »

Le thème n’est pas « une déesse appelée Vāc » qu’y voient les interprétations polythéistes. Le poème réfléchit sur la parole, sa découverte, sa compréhension, sa mise en commun et la différence entre ceux qui comprennent véritablement la parole et ceux qui ne font que l’utiliser. RV 10.71 commence avec Bṛhaspati et la mise au jour des premières expressions de Vāc lorsque les hommes donnent des noms aux choses ; le poème réfléchit ensuite sur ceux qui comprennent véritablement la parole et ceux qui ne font que parler. Parole → nomination → connaissance → partage entre les hommes → compréhension du réel.

Le 10.81.1 parle du père, du ṛṣi et du hotṛ qui offre les existants en oblation ; puis il dit qu’il cherche draviṇam, richesse ou bienfait, et qu’il « entre » dans les générations ultérieures. RV 10.81.3 est crucial : deva ekaḥ, « le dieu unique », y est appliqué à Viśvakarman, qui crée et assemble ciel et terre.

Le 10.82 dit : « L’œil du Père, sage dans sa pensée a créé ces deux mondes, le ciel et la terre prirent leur déploiement. Au nombril du non Né, l’Un (ekam) est fixé, Lui sur lequel s’appuient toutes les créatures ». RV 10.82.3 présente le créateur comme « notre père », créateur et donneur des noms des dieux. Et le 10/82.7 dit : « Vous ne trouverez pas celui qui a produit ces créatures ; autre chose s’est levé parmi vous ; enveloppés de brouillard, les chanteurs d’hymnes errent… »

Ces trois textes 10.71, 10.81 et 10.82 forment un ensemble remarquable: Vāc et la découverte de la parole ; Viśvakarman comme créateur unique ; puis l’impossibilité pour les récitateurs d’hymnes védiques de trouver celui qui a créé les êtres. Le Rig Veda a été transmis par des rishis et des rishinis, hommes et femmes inspirés. J’y retrouve l’enseignement des prophètes : une Parole initiale qui révèle la sagesse et l’amour, puis sa transmission aux autres hommes et l’opposition des pouvoirs religieux à la transmission inspirée.

 2 Les migrations sapiens vers le sous-continent indien

Une carte des migrations sapiens en direction de l’Inde et partant d’Afrique est présentée au post précédent. Les premières sont probablement passées par la route côtière pour y arriver peut-être vers – 80 ka, mais elles ont laissé peu de traces avérées, ni génétiquement, ni par des ossements (qui se conservent très mal dans cette zone), ni par des outils archaïques. La plupart ont probablement poursuivi leur migration (les scientifiques parlent de « beach hopping », bien avant les touristes modernes). On en trouve aux îles Andaman. Si de petits groupes sont restés en Inde, ils ont pu être absorbés par les migrations ultérieures.

Pour les migrations plus récentes qui ont pu passer par la Mésopotamie, les scientifiques identifient une route méridionale longeant les plateaux du Zagros, puis se dirigeant vers l’est en direction du Pakistan et de l’Afghanistan, particulièrement durant les phases climatiques favorables. Le plateau perse aurait pu être une zone-refuge pour les sapiens, alors que leurs traces fossiles directes sont pratiquement absentes, il y a surtout des restes Néandertal.

Ce Zagros est une région où Sapiens et Néandertaliens ont pu entrer en contact : des travaux de modélisation écologique les identifient comme une zone potentielle de chevauchement des niches alimentaires. Les génomes de Ranis et de Zlatý kůň indiquent que l’épisode de métissage dont dérive l’essentiel des gènes néandertaliens chez les non-Africains actuels se situe vers – 49 à -45 ka.

On peut établir la chronologie migratoire :

PériodeInde/Sud de l’AsieCe que nous avons
~80–74 kaJwalapuram, Dhabapassages Sapiens probables, éruption du Toba
~50–45 kaInde/Sri Lankaprésence archéologique ; Sapiens fossiles au Sri Lanka
~45–35 kaInde/Sri Lankamicrolithes, os travaillé, parures, exploitation forestière
~35–30 kaInde/Sri Lankanombreux indices d’occupation ; restes humains sri-lankais
~30–20 kaIndeoccupations et innovations ; quelques restes humains
~20–12 kaIndefossiles directs à Jwalapuram

Donc, après ~50–45 ka, de nouveaux groupes humains arrivent par le nord et l’ouest et on constate une progression spectaculaire de la présence humaine et des techniques utilisées.

Dans la forêt humide du Sri Lanka, les niveaux anciens contiennent à la fois des restes humains attribués sans ambiguïté à Homo sapiens et une industrie comprenant taille de pierre en microlithes, outils osseux et parures en coquillage. Et ce n’est pas une occupation marginale : les analyses montrent une chasse spécialisée de petits animaux arboricoles et semi-arboricoles.

Le site présente une longue histoire d’occupation, avec une interruption approximative autour de 28–12 ka (pic glaciaire), puis une réoccupation postérieure. Les sites Sapiens se multilpient rapidement sur tout le continent après – 12 ka.

Plus au Nord et plus récemment, les données génomiques montrent que les indo-aryens ont reçu une ascendance provenant des populations de la steppe, et qu’elles se sont mélangées avec des populations sud-asiatiques préexistantes sans l’ascendance de steppe caractéristique des migrations plus tardives. L’étude de Nature sur les génomes de la steppe et les travaux ultérieurs sur l’Asie du Sud ont considérablement renforcé ce tableau.

Donc, des populations relativement tardives dans le sous-continent indien auraient connu une expansion démographique considérable, au point que leurs descendants actuels occupent aujourd’hui l’un des principaux foyers humains de la planète. C’est une illustration scientifique remarquable de la différence entre les Sapiens pré adamiques et les Sapiens adamiques.

Le Don de la Parole divine — Vac, la Voix — transforme radicalement les possibilités de transmission, de coopération et de culture. Elle facilite le processus : mémoire collective → transmission intergénérationnelle → règles communes → coopération à grande échelle → accumulation culturelle → expansion démographique.

Ces données montrent aussi le net décalage entre les populations du Sud de l’Inde, associées aux langues dravidiennes et celles du Nord, beaucoup plus mélangées.

3 La dynamique démographique du sous-continent indien

Le tableau suivant présente les résultats d’une étude génomique récente (Petraglia et al. (2009) sur les populations d’Asie du Sud, qui conclut à un expansion démographique importante sur la période -35 à – 28 ka avant le présent. Les barres représentent la diversification des haplo groupes locaux, nettement plus importante en Inde qu’en Asie de l’Est pour les Sapiens pré adamiques.

Après un léger repli dû aux aléas climatiques de la période glaciaire, la démographie des Sapiens adamiques s’accélère à nouveau à partir de – 21 ka et surtout – 14 ka, donc avant les premières sédentarisations reliables à une activité agricole. Le climat est ensuite resté favorable, un peu moins avant le pic glaciaire et nettement plus après, donc la dynamique démographique du Sud de l’Inde a été spectaculaire et durable, aboutissant à abriter le quart de l’humanité sur un espace limité.

L’étude relie ces découvertes aux conditions climatiques de la région dans cette période vers – 30 ka, représentées dans la carte suivante. Le contexte naturel est très défavorable au Nord, devenu quasi désertique dans la zone 1, avec une savane sèche et peu productive en zones 2 et 5. Les zones plus foncées indiquent les sites d’outils de pierre, dans une technologie microlithique d’outils efficaces et facilement déplaçables, parfaitement adaptés aux conditions de vie de chasseurs cueilleurs nomades.

L’étude génétique Mellars 2013 confirme le scénario d’une colonisation tardive du Sud de l’Inde, bien après la catastrophe du Toba. Elle montre la prolifération rapide de l’haplogroup M à partir de -40 ka en même temps qu’un accroissement rapide de la production d’industries de taille de pierres microlithiques, initialement développées en Afrique du Sud. Elle indique aussi que d’éventuels métissages avec des migrants avant Toba est indiscernable dans les populations actuelles.

Cette expansion, d’abord côtière, a pénétré le continent par les vallées fluviales. L’adaptation des nouveaux colons à la survie à l’intérieur des terres a requis de nouvelles techniques impliquant un changement dans l’organisation sociale. Ce progrès a sans doute pris plusieurs millénaires, comme cela a été observé pour l’Australie.

On peut en déduire logiquement que les Sapiens se sont concentrés dans la zone du Sud de l’Inde, au climat tropical beaucoup plus propice, d’où une densification de l’occupation humaine qui a accéléré les communications entre groupes. C’est probablement le début pour l’humanité d’échanges intellectuels et spirituels importants dans une population adamique nombreuse et en contacts fréquents.

Une société orale peut transmettre des corpus complexes avec une précision remarquable, comme l’a montré la tradition védique elle-même. Une civilisation peut aussi être grande par : la qualité de ses interrogations ; sa capacité à transmettre des savoirs sans intervention centralisée ; sa relation au vivant ; ses techniques de transformation de la conscience ; la place accordée aux sages hommes et femme ; la continuité d’une mémoire collective.

L’Inde pourrait avoir été l’un des grands réservoirs démographiques de l’humanité, avant même l’essor agricole. Son avantage ne s’expliquerait pas seulement par ses ressources écologiques, mais peut-être aussi par des formes anciennes de coopération, de transmission culturelle et, selon l’hypothèse adamique, par la conservation ou la réélaboration d’une connaissance spirituelle particulière.

L’Inde du Sud est un vaste laboratoire humain de transmission orale, de connaissance écologique, de recherche spirituelle et de réflexion sur l’existence. Une partie de cette histoire est probablement perdue ; une autre peut encore être approchée par l’étude comparative des langues, des pratiques et des traditions vivantes.

4 L’expérience adamique selon le Furqan de 1974-1977

Pour rechercher un lien entre les populations de l’Inde et l’expérience adamique, il faut inclure ce que nous dit le Créateur, y compris dans des Messages récents comme le Furqan de 1974-1977.

Cette Parole fut adressée à un dignitaire chrétien. Jésus ressuscité se manifeste 40 fois en 1974 en lui parlant dans un français élaboré, mais très classique. En 1977, lors de cinq théophanies, la Voix du Créateur parvient à ses oreilles, mais le langage est différent même s’il reste compréhensible moyennant quelques efforts et de la patience. La Parole de 1977 est beaucoup plus concise, métaphorique et inclut plusieurs mots étrangers. D’après le témoin, elle lui a d’abord fait penser à de l’hébreu.

Voici donc les passages de 1974 qui mentionnent Adam.

Veillée 2 : Je suis Celui Qui a parlé par Adam, Mon Premier Fils, qui a choisi d’être maître de la terre et de M’en payer tribut en passant par les plaies de Job et par la fosse ; qui a choisi d’être maître des arbres et de leurs fruits, décidant souverainement lequel sera planté, lequel sera abattu, quels fruits seront récoltés, lesquels seront mangés par ses enfants, lesquels seront mangés par ses troupeaux ; qui, de compagnon d’Ève, a choisi de devenir son maître, lui imposant ses ruts, sans plus partager les joies que J’ai réservées aux époux, faisant d’Ève une chamelle toujours grosse pour grossir les rangs de ses armées et de ses serviteurs, pour pourvoir à ses cuisines et à ses adultères ; qui a voulu être maître du fer, qu’il a forgé pour ouvrir la terre, sa sujette, au grain et aux sources, pour armer ses guerriers, pour abattre ses arbres, maître de l’or, de la laine des brebis, des couleurs des roches, pour en parer ses plus belles femmes, en faire saillir leurs formes qui mettent en joie son regard et ses basses entrailles, pour les corrompre et corrompre tous ceux dont il tire profit et joie, puissance et obéissance ; qui a choisi d’être maître des pierres, qu’il a érigées pour s’abriter, vivant ou mort, dans son humidité mouvante et tiède comme dans le vêtement d’os secs et froids qu’il a voulu pour M’attendre au creux de la terre.

Veillée 10 : Qui a dit que J’ai parlé d’autel? L’autel d’Adam, la roche étincelante d’où il élevait vers Moi l’encens, son hymne accompagné par les sonnettes des anges, a été enfoui avec lui après le péché; il ne sera redressé qu’avec les os d’Adam et les os de sa descendance.

Ces deux passages décrivent la chute d’Adam et Eve, sa conséquence, la mort charnelle et la perspective de la Résurrection. Dans les autres passages qui parlent des prophètes, de Noé à Muhammad, ils sont appelés « Fils d’Adam », comme dans le Coran. Il ne s’agit évidemment pas d’une filiation biologique, mais d’une filiation spirituelle.

Comme le prouvent ses publications successives, le témoin M. Potay a malheureusement altéré ce qu’il a entendu en 1977 et qu’il avait consigné dans des « notes prises sur le vif » qui ont opportunément disparu ensuite. J’ai dû reconstituer ce message à partir des toutes premières publications, moins altérées.

Dans les posts 108, je présente le texte du Furqan de 1977, sans les commentaires de M. Potay et restauré conformément à ses premières publications. Voici ce que dit la Voix du Créateur sur Adam prononcé Adame :

Homme fou compte les vies, homme a une vie.
La tête du ver morte, la queue souffre. Homme ne souffre pas la mort vieille.
Homme a une mort. Le jour court cherche Adame. Haouha (Eve) pleure une fois.
Étrangle le mauvais maintenant. Juge ne revient pas des os.
Homme gagne maintenant. Homme a une vie de* soleil
. 9

Dans une société française où l’idée de réincarnation se répand, la Voix la nie explicitement dans cette séquence 9.

Avant, l’homme d’Adame. Est long !
L’homme couche sur l’ombre.
Les mondes tournent dans Ma Main.
La Voix n’est pas le bruit; l’oreille est un jardin sans le bruit.
Ma Voix entre dans l’homme; Ma Parole est dans la parole d’homme.
Il tète la force dans Ma Force.
Adame sort de Ma Bouche.
Avec la lame filée, le lion de la nuit cherche la cuisse.
Un désir de noce entre dans la cuisse.
La noce branle le front de bouc
. 11

Entre les premiers Sapiens et Adam, il y a 270 000 ans, c’est long. La Parole divine leur donne une force nouvelle, mais ils en font mauvais usage. La chute est une perversion de cette Parole, transformée en bruit d’homme par la tentation de désirs excessifs (le lion de la nuit).

Les conséquences de ce processus de chute progressive sont présentées dans la Bible de manière métaphorique par le raccourcissement des vies humaines entre Adam et Abraham.

 5 Les tribulations des Sapiens adamiques

Dans ce post, nous avons d’abord analysé la préhistoire des Sapiens de l’Inde à partir de cette distinction de connaissances entre les Sapiens pré adamiques et les Sapiens adamiques. Cette distinction (non biologique) n’est plus pertinente dans le monde moderne où rarissimes sont les humains qui n’ont pas eu connaissance du message des prophètes, affirmant que Dieu nous parle de différentes manières, qu’Il nous aime, qu’Il nous protège, mais qu’Il respecte la liberté qu’Il nous a donnée de choisir entre le Bien et le mal.

La carte des migrations Sapiens, présentée au post 132 montre que les Sapiens adamiques commencent à se disperser à partir de – 45 ka en petits groupes dans plusieurs directions, après avoir passé du temps, peut-être quelques millénaires, à proximité du berceau mésopotamien, en particulier sur les plateaux perses au climat idéal pour s’alimenter sans difficultés majeures. C’est probablement la croissance démographique qui a incité certains à chercher fortune ailleurs.

Au départ, les Sapiens adamiques étaient peut-être quelques milliers dans une zone de vie et d’échanges, l’Asie de l’Ouest, peuplée de dix fois plus d’humains. Ils ont probablement parlé aux autres Sapiens de leur expérience bouleversante ?Il est impossible de savoir dans quelle mesure ils ont cherché à transmettre aux générations suivantes leur expérience de la Parole et s’ils ont été écoutés. Leurs groupes de Sapiens étaient certainement hétérogènes et cherchaient à survivre dans un environnement hostile et à se multiplier autant que possible pour être collectivement plus forts.

Cette dérive caractéristique des Sapiens adamiques après la chute est affirmée dans le Furqan de 1974 : les femmes deviennent des chamelles toujours grosses pour grossir les rangs des armées, des serviteurs, et pour pourvoir aux cuisines et aux adultères des mâles. Cette orientation conduira au fil des millénaires à l’apparition de pouvoirs puissants et dominateurs. Cela augmentera la capacité de résilience des groupes adamiques migrants, au détriment de la qualité spirituelle des individus et de la qualité relationnelle dans les groupes.

Les Sapiens pré adamiques n’étaient pas dans ce calcul politique. Apparus au Maroc, il coloniseront cet immense continent et se développeront surtout en Afrique de l’Est et du Sud. Avant de se disperser, en près de 300 000 ans, ils n’étaient qu’environ 300 000, vivant comme chasseurs cueilleurs en groupes nomades peu reliés entre eux. La transformation du continent a été spectaculaire depuis l’époque de Jésus, où ils étaient encore environ 25 millions contre 1,6 milliard maintenant, dont l’immense majorité est croyante.

Les premiers qui émigrent vers l’Europe ne s’imaginaient sûrement pas que ce vaste espace serait aujourd’hui peuplé de 750 millions de Sapiens et que les Néandertal qu’ils avaient croisés, beaucoup plus nombreux en Europe, allaient bientôt s’éteindre. Cette vaste région sera entièrement peuplée de Sapiens adamiques venant par l’Anatolie ou la zone pontique. Les premiers arrivent vers – 45 ka et survivent comme chasseurs cueilleurs dans un environnement glaciaire hostile. Les Néandertals, très implantés sur tout le continent, ne sauront pas s’adapter aux  déplacements des gros gibiers qu’ils chassaient. et disparaîtront. Lors du pic glaciaire qui les a décimés, les Sapiens étaient peut-être 5000 et se déplaceront vers le Sud où ils remplaceront les premiers habitants.

Avec le réchauffement, à partir de – 15 ka, de nouveaux Sapiens arrivent d’Asie vers l’Ukraine et l’Anatolie, ce sont les ancêtres de la plupart des européens, les premiers colons ayant laissé peu de traces génétiques. Ce sont les magdaléniens, la population européenne grimpe à environ 40 000, c’est encore très peu, mais deux migrations ultérieures seront déterminantes. Celle des agriculteurs d’Anatolie à partir de – 7 ka qui se métissent avec les chasseurs cueilleurs locaux, puis celle des pasteurs Yamnaya des steppes pontiques à partir de – 3ka qui seront à l’origine des langues indoeuropéennes. La population européenne à l’époque de Jésus est estimée à 30 millions, une croissance exponentielle.

D’autres groupes de Sapiens quittant le Moyen Orient vers – 45 ka iront vers le Nord, ils croiseront dans l’Altaï des Neandertals et des Denisova, mais ils sont peu nombreux et l’environnement est difficile. Ils survivront, iront vers le lac Baïkal, la Sibérie et les steppes mongoles où ils rencontreront les Sapiens plus nombreux de la première grande migration de Sapiens pré adamiques, venus de l’Ouest via la Chine.

C’est surtout vers le Sud et l’Inde que les Sapiens adamiques iront et là qu’ils sédentariseront et se multiplieront pour former la première grande civilisation humaine de chasseurs cueilleurs au Sud de l’Inde. Contrairement aux autres Sapiens adamiques, ils garderont ou retrouveront la conscience du Créateur unique à qui ils peuvent parler. A l’inverse, les Européens sombreront dans le polythéisme, et les Asiatiques du Nord inventeront le chamanisme.

Ainsi, pour la pure survie, les Sapiens adamiques ont réussi de manière plus convaincante que les pré adamiques en Afrique. Ils se sont multipliés de manière exponentielle, en particulier sur le sous-continent indien dont la population à l’époque de Jésus était d’environ 35 millions, à peu près comme l’Europe, elle est maintenant de 1,9 milliard contre 750 millions pour l’Europe. Mais pour la transmission de la Parole et de la connaissance du Créateur unique à leurs descendants, c’est tout autre chose.

C’est la diffusion planétaire des messages des prophètes que Dieu a ensuite envoyé aux humains qui avaient oublié Sa Parole, en particulier Jésus et Muhammad, qui a changé la donne. Elle a été spectaculaire en Afrique et a remis les européens sur le chemin du monothéisme.

6 La difficile transmission de la connaissance de la Parole

Près de 50 000 ans après, que constatons nous factuellement sur la transmission de la Parole initiale ? Qu’on fait les Sapiens adamiques avec cette connaissance venue du Créateur et la Parole sublime d’Amour qu’Il leur a adressée ?

Ils se sont multipliés frénétiquement, incités par les pouvoirs civils et religieux qui avaient besoin de guerriers et de fidèles pour les servir et s’enrichir. Ils ont dominé la planète, non en califes prévoyants, mais en consommateurs insatiables. Ils ont multiplié les langues et en ont fait un outil de domination et de division. Ils ont développés des techniques de plus en plus sophistiquées pour se nourrir, ce qui est légitime, mais aussi pour s’entretuer, ce qui l’est moins.

Et la plupart ont oublié le Créateur, fascinés par le masque dont les religions l’ont affublé. L’animisme naïf initial s’est transformé en chamanisme¸ en particulier en Asie du Nord, mais surtout en religions polythéistes sacrificielles avec une caste de prêtres qui se sont alliés aux pouvoirs guerriers pour dominer une pyramide sociale où les femmes étaient souvent confinées aux tâches domestiques et à la reproduction.

C’est en Europe que le Furqan a été dicté à un dignitaire ecclésiastique français, persuadé de la supériorité de son église. Pourtant, l’Europe est une illustration désolante de la perte de spiritualité des Sapiens adamiques qui l’ont peuplée. Le polythéisme s’implante partout, souvent accompagné de rites sacrificiels, et la violence guerrière est omniprésente et empire quand des nations rivales se constituent. Leurs guerres mettront le monde à feu et à sang en devenant mondiales. Longtemps la culture européenne a vénéré des bouchers en chef, d’Alexandre de Macédoine jusqu’à Hitler en passant par César et Napoléon. Les empires s’y sont constitués dans le sang.

C’est un contraste total la culture du sous-continent indien qui est l’heureuse exception dans l’histoire des Sapiens adamiques. La non-violence, l’ahimsa est profondément ancrée depuis leur arrivée et leur déploiement en Inde. Comme ils ont conservé longtemps un mode de vie relativement stable, ils ont pu garder le lointain souvenir du Créateur unique avec lequel ils chercheront à communiquer. Ils développent alors et transmettent des pratiques contemplatives très différentes des pratiques sacrificielles et magiques des populations indo-aryennes qui les ont envahi il y a quatre millénaires.

Les indo aryens avaient conservé leurs croyances de nomades de la steppe où les tueries d’animaux domestiques sont largement attestées. Au fil de son histoire, l’Inde arrêtera les sacrifices sanglants. Aujourd’hui, la piété hindoue peut être comprise comme une dévotion à un divin unique se manifestant sous de multiples formes. Elle s’insère très bien dans la continuité prophétique adamique.

Quant aux Sapiens adamiques restés sur place, que sont devenu leurs croyances ? C’est en Mésopotamie, lieu de la Révélation, qu’apparaît le premier polythéisme sacrificiel, avec l’apparition de l’agriculture et des cités dominées par une chef guerrier auquel les populations doivent se soumettre. Pour asseoir leur domination, ils s’entourent de prêtres sacrificateurs pour honorer les idoles censées protéger la cité de ses ennemis. C’est là que le Créateur enverra le Messager Noé vers – 6 ka, il ne sera pas écouté.

Dans la zone pontique, le polythéisme est largement attesté. Les pasteurs nomades Yamnaya se lanceront à la conquête de la région et de l’Europe de l’Est. Ils s’implanteront en Bactriane, là où le prophète Zarathoustra fut envoyé pour récuser le polythéisme sacrificiel. C’est donc dans cette zone de vie des premiers Sapiens adamiques que Dieu enverra des prophètes pour leur rappeler Sa Parole qu’ils avaient oubliée.

Le Message apporté par les prophètes sémites, juifs et arabes, sera propagé sur tous les continents et aura un impact décisif pour ramener la plupart des humains à la foi monothéiste. Mais il faudra encore du temps pour que cette foi théorique se transforme en actions décisives pour vaincre le mal qui s’incruste partout. Le Créateur montre la Voie, Din, mais laisse l’humanité libre de la suivre.

Dans le post 134, nous approfondirons le sujet de la Parole, du bruit d’homme et de la Voie vers la Résurrection.