Les guerres contre Israël sévissent depuis la résolution de l’ONU en 1947 sur la partition de la Palestine sous mandat britannique, suivie par la création de l’Etat d’Israël. Celle avec le Hamas fait rage depuis le 7 octobre 2023, après une journée de massacres barbares qui a causé près de 1200 morts côté juif et permis l’enlèvement de plus de 200 otages. La percée soigneusement préparée par le Hamas dans le mur de protection qui encercle Gaza a profondément traumatisé tout le monde juif. Les bombardements intensifs de l’armée israélienne qui ont suivi ont déjà fait plus de 20 000 morts à Gaza en détruisant la majorité des immeubles d’habitation. Les hôpitaux et les mosquées n’ont pas été épargnées car ils pouvaient servir de caches d’armes.

L’objectif militaire était d’éradiquer la capacité d’assaut du Hamas et son infrastructure de tunnels. Contrairement à Israël, il n’y a pas d’abri antiaérien à Gaza. Le Hamas qui l’administre, conformément à son idéologie guerrière, a privilégié les dépenses militaires. Il aurait réservé la protection de ses tunnels à ses 20 ou 30 000 combattants, en civil pour la plupart, facilement dissimulables parmi les 2,3 millions de gazaouis. Des deux côtés, les victimes sont surtout des civils avec beaucoup d’enfants innocents. Des voix crédibles s’élèvent pour parler de crimes de guerre de part et d’autre.

Les grands médias privilégient la « cause palestinienne » ou la sécurité pour Israël. Ils sélectionnent des images atroces en fonction de leur audience occidentale ou arabe pour montrer les victimes des armes palestiniennes ou israéliennes. Ils condamnent unilatéralement, mais ne proposent pas de chemin vers la paix. Ce blog prend le parti de Dieu, il ne juge pas, il ne condamne pas. Il donne à ses lecteurs des éléments d’information aussi fiables que possible. Pour qu’ils réfléchissent à ce qu’il est juste et possible de faire pour redonner des espérances de paix aux futures générations.

Sur une autre guerre meurtrière qui sévit actuellement, le post 62 avait été publié en novembre 2022 quand une fenêtre d’opportunité semblait envisageable pour un cessez-le-feu et une négociation possible entre Russie et Ukraine. Nous avons appris récemment qu’une négociation facilitée par la Turquie avait failli aboutir en avril. Mais les dirigeants ont choisi de poursuivre la guerre, espérant une « victoire » ou atteindre leurs « objectifs militaires ». Les ukrainiens se sont référés aux frontières internationalement reconnues plutôt que d’évaluer de manière réaliste le terrain, les forces en présence, et les conséquences humaines de la guerre. Certes, il était vital de stopper définitivement l’impérialisme russe. Mais avec l’aide de l’Occident, cet objectif pouvait être atteint autrement. Depuis les victimes s’amoncellent des deux côtés et le pardon et la paix seront beaucoup plus difficiles à atteindre après une génération décimée et traumatisée par la guerre et ses crimes.

La même rhétorique de victoire militaire est utilisée par Netanyahou qui promet une « victoire totale  » par l’écrasement militaire des forces du Hamas qui administre autoritairement Gaza. La révolte face aux bombardements et l’envie de venger les morts risquent d’amplifier son soutien populaire, comme en Cisjordanie occupée où il est bien implanté. Et les images terribles des destructions de la bande de Gaza ravagent l’image positive qu’Israël pouvait avoir dans le monde comme nation assiégée. Si une action internationale déterminée n’améliore pas rapidement la situation à Gaza, le Hamas pourrait ainsi tirer parti du piège criminel tendu à Netanyahou et recruter facilement de nombreux combattants pour renouveler ses milices décimées. Cette impasse militaire peut faire perdre une génération avant de pouvoir ancrer solidement un processus de paix.

Ce post reprend l’histoire longue pour comprendre les sentiments complexes qui influent sur les opinions publiques juives et palestiniennes et donc sur toute paix possible. Que mes lecteurs me pardonnent sa longueur car le sujet ne peut être traité utilement de manière partisane ou superficielle. Quelle Paix établir sans un minimum de justice ? Elle a semblé possible à certains moment clefs, mais il s’est toujours trouvé des idéologues manipulateurs de part et d’autre pour la faire capoter. Entre ces deux ennemis irréductibles, ni Netanyahou, ni le Hamas n’ont intérêt à favoriser la paix qui affaiblirait leur posture politique. Les victimes innocentes pèsent peu sur leurs décisions militaires. Au contraire, certains leaders du Hamas ont avoué que faire couler le sang de leur propre peuple servait leur idéologie.

1 En 1977, Dieu intervient pour appeler l’Egypte et Israël à la Paix du Saint

Dieu intervient partout au niveau individuel, la vie est un miracle permanent. Mais par respect pour la liberté humaine et par Sagesse, Il n’intervient dans des guerres que si elles peuvent avoir des conséquences dramatiques pour l’humanité et/ou irréversibles pour Ses Desseins. L’histoire humaine a oublié beaucoup de Ses interventions, mais les Livres sacrés en gardent des traces. Quand Il a aidé les esclaves en fuite guidés par Moïse (post 3) à échapper à la vindicte meurtrière du pharaon. Ou quand Il a envoyé des anges assister les 300 compagnons de Muhammad (post 1) que les armées mecquoises menaçaient d’exterminer à Badr en ruinant la possibilité que le Message coranique soit transmis.

Lors des cinq théophanies de 1977, Sa Voix prophétise la guerre d’Afghanistan et annonce Son soutien aux résistants en lutte contre la machine de guerre communiste. Personne n’aurait prédit qu’elle battrait en retraite face à ces hommes défendant leurs terres ancestrales avec un courage admirable. Puis Dieu attire l’attention du témoin au Proche-Orient, et La Voix lui dit « le paro parle à Israël : entre le fer dans ta main. Tu envoies l’aile blanche au paro » (1977, XXV/5). Le témoin Potay finit par comprendre qu’il fallait avertir le président égyptien de l’urgence de faire la paix avec Israël.

Sadate était jusqu’alors un militaire favorable à la guerre, celle des six jours de 1967, puis celle du Kippour de 1972. La réputation d’invincibilité de Tsahal (l’armée israélienne) avait été écornée, même si elle a finalement repris le dessus. C’était un proche de Nasser, grand avocat de l’idéologie du panarabisme, d’abord orientée contre le colonialisme européen, puis contre le sionisme. Compte tenu de la puissance démographique de l’Egypte et ses alliances avec la Syrie et la Jordanie, une nouvelle tentative pour vaincre Israël avait du sens. A l’époque, au plan militaire, l’Etat d’Israël était réellement dans une lutte existentielle. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Mais Sadate était un homme pieux et il affirmera être « investi d’une mission divine », celle de planter la Paix du Saint. Il tenait fermement l’Egypte. Peu après avoir reçu le Message de M. Potay, il fit une visite surprise en Israël et signa un accord de paix avec Begin qui venait d’arriver au pouvoir. Sa décision sera dénoncée par la majorité des Etats arabes et de l’opinion égyptienne, mais la paix tiendra et évitera un embrasement incontrôlable.

A l’heure où on reparle d’une solution politique à deux Etats, méditons ce qu’il dit à Israël : « la paix ne sera réelle que si elle est fondée sur la justice et non sur l’occupation des terres d’autrui. Si vous avez trouvé la justification légale et morale de l’établissement d’une patrie nationale sur un territoire qui n’était pas le vôtre, alors comprenez la détermination du peuple palestinien à établir son propre État dans sa patrie ». Sadate sera assassiné en 1981 par des membres de l’armée appartenant au Jihad islamique égyptien, fondée par d’anciens Frères musulmans. Ils rejetaient sa politique de paix.

Y. Rabin, prix Nobel de la paix pour son rôle majeur dans la signature des accords d’Oslo, finira assassiné lâchement en 1995 après son discours pour la paix. L’assassin, un extrémiste religieux juif, portera un coup décisif contre le camp de la paix et ouvrira la voie aux calculs politiques de Netanyahou. Le drame actuel vient affaiblir à nouveau les militants de la paix dans cette région. Les événements futurs sont imprévisibles. Mais il est probable que ces crimes retardent pour longtemps la Paix du Saint. Elle ne peut s’ancrer que dans le pardon et le dialogue apaisé entre humains.

2 Le contexte historique de la guerre d’Israël contre le Hamas

Le territoire colonisé par les anglais qu’ils ont appelé Palestine fut pendant des siècles sous la coupe de l’empire ottoman. C’était un espace géographique assez flou avec beaucoup de nomades et de nombreuses communautés. Eloignées des centres de civilisation comme l’Egypte et la Turquie, leurs populations étaient à 80% des agriculteurs ou éleveurs arabes. Plutôt pauvres, souvent illettrés et de religion musulmane. Le statut de dhimmi, à la fois discriminateur et protecteur, était imposé à la minorité significative d’arabes chrétiens et aux juifs peu nombreux, souvent mieux éduqués et plus riches. Les habitants de cette région avaient appris à vivre en paix sous la domination ottomane.

Le statut de dhimmi fut aboli en 1855 dans tout l’empire. Ceci conduit à des jalousies du côté des populations musulmanes qui y voyaient la perte d’un privilège. Peu après émergent dans la région des mouvements nationalistes arabes ainsi qu’un renouveau de la culture ancestrale juive avec leur redécouverte de l’hébreu complétant l’arabe de la vie courante. Ce clivage entre les protagonistes du drame actuel s’amplifiera.

Du côté européen, les persécutions des juifs ont duré des siècles (post 32). Ils durent s’exiler au hasard des menaces. Beaucoup crurent trouver un asile dans l’empire russe, longtemps tolérant. L’assassinat du tsar Alexandre II en 1884 servit de prétexte pour les désigner comme boucs émissaires et les piller. Le tsar attisa des pogroms qui séviront jusqu’en 1917 avec plus de 150 000 morts. En 1914, la Russie comptait encore cinq millions de juifs, la moitié de leur population mondiale. Deux millions de juifs avaient déjà émigré, principalement vers les USA et un peu vers la Judée où la communauté juive comptait déjà 85 000 personnes sur un total de 700 000, fuyant l’antisémitisme européen. Les nouveaux immigrés juifs ashkénazes étaient de culture très différente des séfarades, habitués à cohabiter avec les arabes.

Les drames incessants vécus par les juifs expliquent l’émergence du projet sioniste de Herzl (1860-1904). Il fut marqué par les pamphlets et foules haineuses françaises lors du procès Dreyfus en 1897. Il inspirera la déclaration de l’anglais Balfour en 1917 : donner enfin une terre de sécurité pour les juifs. Les discriminations fiscales en Pologne et les restrictions américaines à l’immigration en 1924 conduiront à d’importantes migrations vers la Palestine. La population juive passe de 160 000 en 1929 à 400 000 en 1939. Or les immigrés avaient de l’argent pour acheter des terres à un prix très bas. Les prix fonciers grimpèrent en flèche, ce qui déstabilisa la situation économique des populations arabes locales.

Beaucoup des colons sionistes venus d’Europe étaient imprégnés d’une idéologie messianique et de leur interprétation littéraliste de ce texte biblique pourtant forgé très tardivement. La terre de Palestine leur aurait été donnée par YHWH pour punir les populations qui y habitaient et pratiquaient des abominations. L’objectif messianique, reprendre un territoire octroyé aux juifs, était inacceptable pour les palestiniens arabes témoins d’un flot croissant d’immigrés juifs. Dans une situation locale déjà tendue, les violences entre juifs et arabes seront d’abord le fait de milices locales en conflit pour la terre. Elles deviendront un problème régional avec la montée du panarabisme incarné par le Parti Baas.

Il n’y a pas d’autorité religieuse crédible pour tous les musulmans. Mais Amine el Husseini, nommé en 1921 « grand mufti » de Jérusalem par les anglais, joua un rôle délétère. Il manigança avec Hitler contre les anglais et les sionistes. Cet idéologue ambitieux avait du prestige auprès de la masse arabe par sa lutte contre les européens. Il mena la lutte contre la création de l’État d’Israël et se rendit à l’ONU pour refuser le partage de la Palestine. Il veut la réserver aux arabes. C’est un des responsables de la guerre de 1948.

La commission Peel organisée par les britanniques après la grande révolte arabe de 1936 proposera une solution à deux Etats se répartissant le territoire. Le projet échouera, mais le 29 novembre 1947, l’ONU adopte la résolution 181. C’est un plan de partage de la Palestine préparant la fin du mandat britannique avec un découpage détaillé des territoires et un statut spécial pour Jérusalem. Il est accepté par les dirigeants du Yichouv (communauté juive en Palestine) malgré l’opposition de l’Irgoun (commanditaire de l’attentat contre l’hôtel King David qui fera 91 victimes) et du Lehi.

La quasi-totalité des dirigeants de la communauté arabe le rejettent comme la Ligue arabe. Une attitude jusqu’au-boutiste qui sévit encore de nos jours. Les manipulateurs des masses arabes visent à la destruction de « l’entité sioniste » et la dictature cléricale iranienne reprend ce discours guerrier. Cette posture inique et irréaliste fit avorter beaucoup de négociations de paix bien engagées. La guerre contre l’État d’Israël sera déclenchée dès sa proclamation en mai 1948 et aboutit à la débâcle des palestiniens. Malgré l’envoi de corps expéditionnaires égyptien, syrien, irakien et jordanien en Palestine. Des armistices seront signés en 1949.

Ses conséquences seront durablement dramatiques pour la paix dans la région. C’est al-Nakba pour les Palestiniens, la Catastrophe. Plus de 700 000 palestiniens arabes auront quitté leur terre ancestrale par peur de la guerre, des milices juives ou contraints par le pouvoir israélien. Ces réfugiés et leurs descendants constituent 80% de la population réfugiée à Gaza. Les relations entre arabes et musulmans s’envenimeront. Entre 1948 et 1998, le Maghreb, le Machrek et l’Irak se vident de leurs habitants juifs qui passent de 784 000 (dont 500 000 au Maghreb) à moins de 10 000.

La cohabitation millénaire entre arabes et juifs disparait et l’antisionisme se développe dans le monde arabe. Les persécutions séculaires contre les juifs par les européens sont la cause initiale de ces conflits qui n’ont cessé de s’envenimer. Ce drame interminable deviendra la « cause palestinienne ».

3 Des résolutions de l’ONU ignorées par Israël et des accords de paix piétinés

Le 11 décembre 1948, l’ONU adopte la résolution 194. Elle décide de : « permettre aux réfugiés qui le désirent de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins ; des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers en vertu des principes du droit international ou en équité, Les dommages doivent être réparés par les Gouvernements responsables ».

Par mépris ou provocation, le gouvernement d’Israël introduit des ordonnances sur la « propriété des absents ». Ils confisquent les terres présumées abandonnées après la guerre. Elles ne seront utilisées que pour ses citoyens juifs. Au fil des guerres gagnées par Tsahal en situation de légitime défense, Israël étendit son emprise territoriale. Ses gouvernements successifs ignoreront la résolution 242 de l’ONU demandant de revenir aux frontières de 1967. Dans ces conflits, c’est la logique de la force qui a prévalu, jamais le droit international.

Après la paix de 1977, le Hamas fut créé simultanément à la première Intifada de 1987, une flambée de violence à Gaza opprimé par l’Etat d’Israël. Pour le Haut-Commissaire des Nations Unies des droits de l’homme : « imposer un siège total privant des civils de biens essentiels à leur survie est interdit par le droit international humanitaire ». Des politiciens israéliens ont reconnu avoir soutenu indirectement le Hamas pour contrer l’OLP et torpiller la possibilité d’un Etat palestinien.

Les accords d’Oslo de 1993 confièrent l’administration du territoire à une Autorité palestinienne. Après la deuxième intifada, Sharon décida en 2005 d’évacuer par la force les 10 000 juifs des colonies de Gaza qu’il avait autorisées. Certains colons rêvent encore d’y revenir. En rivalité avec l’OLP, le Hamas obtint 44% des voix aux élections de 2006, prit le pouvoir par la violence et lança des affrontements armés avec Israël en 2008, 2012, puis 2014.

L’idéologie guerrière du Hamas est proche de celle de Qutb. Il écrivit au début des années 1950 l’opuscule toxique « Notre combat contre les Juifs ». Une partie de la nébuleuse des Frères musulmans a dérivé vers un islamisme violent, très différent des idées de leur fondateur de 1928, Hassan el-Banna. L’armée israélienne envahit Gaza en 2014 pour détruire les tunnels, en vain. Le Hamas avait solidement installé son emprise sur la population. Il en fit creuser d’autres au lieu d’investir l’argent de l’aide internationale pour offrir des perspectives économiques à cette population jeune. Ses dirigeants vivent très confortablement ailleurs et le Hamas est accusé de prélever 20% sur toute importation.

La corruption est un problème endémique dans la région, même en Israël, où Netanyahou est poursuivi par la justice. Du côté palestinien, l’OLP est gangrenée par la corruption et Abbas a perdu toute crédibilité en s’accommodant des ardeurs colonisatrices du pouvoir israélien. Il a annulé des élections prévues il y a deux ans. Les sondages donnaient la victoire à Barghouti, qui croupit depuis vingt ans dans les prisons israéliennes, devant le Hamas.

Des instituts de sondage arabe donnaient un soutien au Hamas avant les massacres du 7 octobre à moins de 25%. Il est probable que les dirigeants du Hamas voulaient remonter dans les sondages en déclenchant ce massacre. Ils anticipaient la vengeance meurtrière du gouvernement israélien. Barghouti offrirait peut-être une solution politique consensuelle pour les palestiniens ? Il n’est pas entaché comme le Hamas d’accusations de corruption. La surenchère guerrière reste de règle entre le Hamas et le Djihad islamique palestinien. Ils sont armés par l’Iran qui finance aussi les houthistes et le Hezbollah (100 000 combattants). Leurs Chartes et déclarations montrent que l’objectif avoué ou implicite reste l’anéantissement de l’Etat d’Israël et donc la déportation de tous les juifs qui survivraient.

Netanyahou arrive au pouvoir dès 1996. Il favorise la montée en puissance du Hamas dont la logique guerrière lui convient. Il revient au pouvoir en 2009 en s’alliant avec l’extrême droite, les partis religieux soutenus par les colons. Il permet l’implantation de nouvelles colonies en Cisjordanie, de check points militaires et de murs qui morcellent la Cisjordanie. Certains colons expriment ouvertement leur projet de bouter tous les palestiniens de Cisjordanie vers la Jordanie et d’en faire de même pour les gazaouites vers l’Egypte. Ce projet odieux déstabiliserait ces deux pays et tout le monde arabe.

Certains responsables israéliens rêvent de réaliser cet objectif en rasant Gaza. Un ministre désavoué par la suite a même déclaré qu’il envisageait l’utilisation d’une arme atomique. G. Eiland, ancien responsable du Conseil de sécurité israélien, a écrit dans Yediot Aharonot :  » L’Etat d’Israël n’a pas d’autre choix. Il doit faire de Gaza un endroit invivable, temporairement ou définitivement. La création d’une grave crise humanitaire à Gaza est nécessaire pour atteindre cet objectif « .

Depuis la Shoah, le peuple juif sait qu’il doit d’abord compter sur lui-même pour se défendre en se préparant à toute éventualité. La logique militaire est compréhensible pour un pays encerclé par des pays hostiles et menacé par la dictature cléricale iranienne (post 64). Mais l’amalgame avec l’idéologie messianique des ultra-orthodoxes et le mépris pour les civils palestiniens sont calamiteux.

4 Que dit la Parole dans la Bible et le Coran ?

Pour nos frères juifs, même athées, on peut leur rappeler ce que dit la Bible dans le Lévitique 19/18 « Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de rancune contre les enfants de ton peuple, c’est ainsi que tu aimeras ton prochain comme toi-même ». La réaction de Nethanayou au 7 octobre est une vengeance qualifiée de « représailles ». Deut. 32/35 ajoute : « l’Eternel jugera son peuple ; mais Il aura pitié de ses serviteurs, en voyant que leur force est épuisée ». Mais quand seront-ils épuisés de s’entretuer ?

Quant à l’attitude face aux non-juifs, voici Lév. 19/33 : Si un étranger vient séjourner avec vous dans votre pays, vous ne l’opprimerez point, vous l’aimerez comme vous-mêmes, car vous avez été étrangers dans le pays d’Egypte. Cette injonction est confirmée en Exode 22/21 et renforcée dans Deut. 27/19 : Maudit soit celui qui porte atteinte au droit de l’étranger, de l’orphelin et de la veuve ! Et tout le peuple dira : Amen ! Or, sous la pression de l’idéologie d’extrême droite d’une partie de l’électorat de Netanyahou, l’Etat d’Israël fait de ses deux millions de citoyens arabes des minorités opprimées sur leurs terres ancestrales.

L’Evangile prêché par Jésus en Palestine n’est pas recevable pour les rabbins, mais il l’est pour les imams et la force de son Message de non-violence (« tends l’autre joue ») et d’amour pour les ennemis est un sommet de l’Ecriture. « J’étais étranger et vous m’avez recueilli » (Mat. 25, 35). Dans l’Evangile comme dans le Coran, le pardon des offenses est central (les sourates du Coran commencent par rappeler que Dieu pardonne).

Pour nos frères musulmans, voici le Coran : « Nous avons prescrit aux fils d’Israël que quiconque tue quelqu’un n’ayant commis ni meurtre, ni oppression, c’est comme s’il tuait tout l’humanité » (5/32). Or un musulman doit suivre les enseignements de Moïse et Jésus au même titre que ceux de Muhammad. « Combattre est permis à ceux qui ont été lésés, parce qu’ils ont été injustement opprimés – Dieu est puissant pour les secourir – et à ceux qui ont été chassés injustement de leurs maisons Si Dieu n’avait pas repoussé certains hommes par d’autres, des ermitages auraient été démolis ainsi que des synagogues, des oratoires et des mosquées où le Nom de Dieu est souvent évoqué. » (22 : 39-40).

La lutte armée est donc acceptable en cas de légitime défense ou d’oppression avérée. Mais le massacre des jeunes de la rave party ou des habitants des kibboutz voisins ne relève en aucun cas des situations évoquées par le Coran. Il prouve la haine et l’aveuglement où sombrent des esprits endoctrinés par des idéologues et leur barbarie quand on leur donne des armes.

L’exemple donné par le prophète Muhammad est la référence absolue dans le monde musulman. Il fut confronté à l’oppression criminelle des clans de La Mecque en position de force. Il consolida patiemment et sagement la position de ses compagnons puis proposa la paix. Quand elle fut refusée, il passa à la lutte armée et réussit à vaincre les clans mecquois malgré leur avantage numérique. Il pardonna à ses ennemis les plus féroces. Quand l’oppression prit fin, la paix islamique régna dans cette péninsule arabique jusqu’alors très conflictuelle.

Or dans le contexte de la Palestine, la posture de mouvements guerriers comme le Hamas et le Djihad n’est pas de dissuader leur ennemi ou de faire cesser l’oppression. Ils veulent opprimer les juifs s’ils les dominent militairement ce qui est de toute évidence impossible. Ces petits groupes font face à un peuple déterminé à se défendre et Tsahal avec 170 000 hommes est suréquipée. et a la bombe atomique. Beaucoup de réservistes parmi les 460 000 disponibles, hommes et femmes à égalité, ont été rappelés.

Ces mouvements guerriers acculent leur propre peuple à une logique de violence et de vengeance sans fin des deux côtés. En 41/34, le Coran nous dit : « Le mal n’est pas égal au Bien. Repousse le mal par ce qui est meilleur, et voilà que celui qu’une hostilité séparait de toi devient un ami ». L’oppression est un mal, il ne sera pas vaincu par un autre mal, la violence aveugle qui tue des victimes civiles innocentes.

J’ai le souvenir d’un échange comme professeur en master d’école de commerce avec des étudiants de divers pays. Ils me demandaient mon avis alors que les roquettes et obus pleuvaient. J’affirmai ma récusation de toute forme de violence aveugle. J’ajoutai que la terreur d’une mère palestinienne entendant les sifflements des armes valait bien celle d’une mère israélienne. Mon mail fut rapidement bombardé de commentaires me traitant de traître à la cause palestinienne ! S’émouvoir de son fauteuil, condamner, prendre parti est mieux vu dans ce monde.

5 L’impasse politique et juridique de la politique de Netanyahou

L’Etat d’Israël est une « démocratie » sans Constitution. La Déclaration d’établissement de l’Etat d’Israël de 1948 a longtemps été sa référence juridique. Elle promet « une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous les citoyens sans distinction de croyance, de race et de sexe ». Depuis le retour au pouvoir de Netanyahou et de la clique qui le soutient, ces grands principes ont été bafoués.

Il y a des élections avec leur lot de mensonges, puis des négociations entre partis juifs pour nommer le premier ministre. Netanyahou fit voter la loi de 2018 proclamant Israël comme État-nation où le « droit à exercer l’auto-détermination nationale dans l’État d’Israël est propre au peuple juif » et qui « encouragera et promouvra le développement et la consolidation de l’implantation juive ». Ses tentatives récentes de réduire les pouvoirs de la Cour Suprême font d’Israël une démocratie en danger.

Plus d’un million de juifs ont fait leur aliyah (retour) depuis 1948. L’Etat d’Israël limite maintenant l’immigration, mais l’évolution démographique favorise nettement les arabes, plus jeunes et au fort taux de fécondité. Sur le territoire historique de la Palestine, il y a environ 6,8 millions de juifs et presque autant d’arabes, dont près de deux millions sont citoyens israéliens auxquels s’ajoutent plus de deux millions en Cisjordanie et autant à Gaza. Il y aurait aussi plus de trois millions de descendants des réfugiés palestiniens de 1948 dans les autres pays, beaucoup en Jordanie mais très peu en Egypte.

Le contexte social est explosif : Israël est un état juif où les citoyens les plus pauvres sont plutôt les arabes. Les tribunaux rabbiniques, souverains pour les questions de mariages, font tout pour empêcher les couples mixtes. Les juifs et les arabes sont des sémites, leurs langues sont très proches, Ils croient aux prophètes qui se réfèrent à Abraham mais revendiquent la même terre. Ces peuples, difficiles à différencier physiquement pour les européens, sont devenus des frères ennemis.

Après l’exil de la plupart des arabes chrétiens, la population arabe de la région est devenue très homogène. Une population jeune dont les faibles moyens économiques limitent l’accès aux études supérieures. Leur connaissance du Coran est faible, mais ils affirment fortement leur identité musulmane. Par contre la population juive, constituée de vagues d’immigrations successives est très hétérogène. La mentalité des séfarades et des ashkénazes est très différente. Entre la brutalité de colons fanatisés par l’idéologie religieuse et la jeunesse occidentalisée et réaliste des entrepreneurs du Net qui animent Tel Aviv, il n’y a guère de point commun. Mais ils resserrent les rangs face aux menaces et aux massacres aveugles de juifs. Cette crainte viscérale est exploitée par les politiciens.

En dehors de cette région, il y aurait 15 à 24 millions de juifs selon le sens donné à ce mot. Dont 6 à 10 millions aux USA et 5 à 600 000 en France. Face à eux, la « rue arabe », facilement inflammable avec 400 millions de musulmans arabes dont 100 en Egypte, au Maghreb ou dans les Etats du Moyen Orient. Sans compter les grands pays musulmans non arabes comme la Turquie, l’Iran ou ceux d’Afrique ou d’Asie.

Une coalition d’Etats arabes pour faire la guerre contre Israël est heureusement devenue très peu probable. Les seuls ennemis avérés sont l’Iran tant que la dictature cléricale chiite est en place. Et à un moindre degré la Syrie, surtout via les milices armées qui y restent actives. L’Irak et le Yémen sont traditionnellement hostiles à Israël mais ont trop de problèmes internes pour s’impliquer dans une guerre à grande échelle. Seules les milices houthistes ont un pouvoir de nuisance régionale.

Les pouvoirs arabes sont traditionnellement autocratiques, habitués à contrôler la rue. Mais ils doivent gérer leur opinion publique remontée contre l’Occident colonisateur auquel l’Etat d’Israël est assimilé. La fin de la dictature cléricale iranienne peut réduire les risques d’embrasement. Mais le risque d’un changement de pouvoir en Egypte existe. L’injustice faite aux palestiniens doit être impérativement prise à bras le corps.

Il est urgent d’agir. Selon Amnesty International, les massacres de civils par le Hamas comme le blocus actuel de Gaza, sont des crimes de guerre. En 2021, la Cour pénale internationale a ouvert une enquête sur la situation dans les territoires palestiniens occupés et dans la bande de Gaza. Son mandat porte sur les crimes de droit international commis par toutes les parties au conflit, ainsi que sur le crime contre l’humanité que constituerait un apartheid à l’encontre des Palestiniens.

C’est l’opinion de B. Pogrund exprimée dans Haaretz. Il avait vécu l’apartheid en Afrique du Sud et fut membre de la délégation israélienne contre le racisme. Longtemps défenseur de la politique israélienne, il pense maintenant que la dérive vers l’apartheid est avérée. Il cite le refus du fonds national juif qui possède 13% des terres de vendre ou louer aux non-juifs.

Le mot d’ordre du début de l’OLP, du Hamas ou du Djihad islamique était d’abattre l’Etat d’Israël. Donc de massacrer ou de déporter la totalité ou presque de la population juive. Cette posture inique et irréaliste a fait avorter beaucoup de négociations de paix bien engagées. C’est cette idéologie criminelle qu’il faut éradiquer en s’appuyant sur le Coran ou sur le respect de la vie des innocents. Plus d’un million des descendants des expropriés de 1948 sont à nouveau contraints de quitter leurs domiciles dévastés et dans une incertitude totale. Ce contexte peut produire dans les jeunes générations des individus prêts à tout pour se venger et facilement manipulables par les idéologues de mouvements bellicistes.

Sur le terrain, la situation est alarmante. Du côté israélien, la logique militaire prévaut sans aucune perspective politique et le pouvoir d’influence du grand allié américain est faible. Pourtant l’opinion publique juive devrait comprendre à la lumière des faits que le discours sécuritaire a échoué. Israël ne peut vivre en paix que s’il fait les efforts nécessaires pour rendre justice aux palestiniens. Ils n’oublient pas le drame de 1948 et ses campements de tentes improvisées.

Il faut voir les images de l’époque pour comprendre le traumatisme palestinien transmis aux générations suivantes, comme celui de la Shoah a été transmis aux descendants des victimes. C’est la référence dont se servent les idéologues du Hamas pour museler toute voix dissidente du côté palestinien. Ce peuple jeune peut-il se libérer de l’engrenage d’une vengeance sans fin ?

6 La solution spirituelle : combien de générations pour la Paix en Israël ?

La Parole de 1974-1977 récuse les pouvoirs religieux et politiques et leurs négociations alourdies d’arrière-pensées. Elle appelle les humains à rapprocher leurs cœurs pour construire des solutions pacifiques et équitables; à constituer des assemblées nouvelles libres de tous pouvoirs religieux. Elles travailleront en alliance fraternelle (1974, 35/11) avec les assemblées existantes des synagogues et celles des musulmans. L’objectif ultime est que les nations s’embrassent et que le monde devienne un nuage d’or (1977, XIX/22). C’est une feuille de route, c’est aux humains d’avancer, quatre générations ne suffiront pas.

Quand Dieu en 1977/XXV appelle Sadate à planter la Paix du Saint, Il ne prend pas parti et renvoie dos à dos les ennemis et leurs guerres féroces. « Je porte ton œil (où) guerre le poil épais ; Sarbal, Moussa (le Sinaï) ferrent Yërouch’lim (Jérusalem), les murs pleurent, (ils) appellent « Al », l’œil voit l’œil, (se croit) dans Mon Eau (et crie) « Mauvais, mauvais ». Chaque camp dénonce l’autre et appelle « Al ! » (Allah et Elohim ont la même racine) à son secours. Mais ce qui préoccupe le Créateur et devrait nous motiver, c’est que cessent les drames, les crimes et que vienne la Paix.

Les mondes politique et médiatique se querellent sur les mots, apartheid, terrorisme, pogroms, crimes de guerre, génocide… En Israël, la liberté d’expression existe et des voix s’élèvent courageusement pour utiliser des mots forts. L’avocat M. Sfard dans Haaretz parle de « crimes de guerres, qu’ils soient commis à la kalachnikov depuis des pick-up ou devant le tableau de bord d’un hélicoptère de combat ». Et le professeur d’histoire R. Segal évoque dans les colonnes de Jewish Currents un « cas classique de génocide » à propos des bombardements de Gaza.

Le mot génocide, martelé maintenant par la chaîne Al jazeera, est injustifié car il implique l’intention de massacrer tout un peuple. C’était bien le cas des nazis. Mais la Turquie le contesta à propos des massacres des arméniens par les jeunes turcs. Dans le cas d’Israël, ce qui pose problème, c’est le peu de cas fait des victimes civiles face à l’objectif militaire d’anéantir le Hamas et d’assassiner ses dirigeants. Ses guerriers ne sont qu’environ 1% de la population où ils peuvent se fondre.

Les querelles sémantiques sont causes de blocages politiques. Lors du récent Sommet du Caire pour la paix, l’Irak qualifiait le Hamas de mouvement de résistance mais refusait le qualificatif terroriste. L’UE tenait à l’employer. Aucun communiqué commun n’a pu être publié. Seul le sujet de l’aide humanitaire a un peu progressé. Les juristes des Cours et les policiers travaillent pour qualifier les crimes, chercher et punir les coupables. Ce processus dissuade rarement la violence et ne suffit pas pour établir la paix.

La solution pour sortir de l’impasse actuelle sera longue à faire émerger sur place, au milieu de la fumée de la guerre et des larmes des blessés et des endeuillés. Pour appeler nos frères juifs et musulmans à se resourcer à la Parole, aux textes sacrés qu’ils vénèrent, il faudrait trouver des leaders d’opinion qui déconstruisent les idéologies bellicistes qui n’ont cessé de prouver leurs échecs. Des Gandhi palestiniens qui imaginent des solutions de résistance efficaces et non violentes. Des de Gaulle israéliens qui imposent une décolonisation de la Cisjordanie.

On reparle d’une solution à deux Etats, mais s’ils en restent à la confrontation permanente et aux dérives guerrières, la Paix du Saint sera repoussée. Israël est devenu une société riche, mais sa puissance ne peut servir à écraser les faibles. Les pouvoirs idéologiques en place en Iran et en Israël passeront, mais l’Appel à la Paix de la Parole restera. Elle implique l’équité pour alléger le drame des palestiniens dont le développement économique demandera du temps, de l’argent et une saine gestion.

Des initiatives favorables à une paix durable peuvent venir un peu de l’Europe (post 79), mais surtout des USA et des Etats du Golfe. L’Arabie Saoudite est à la fois une puissance économique et militaire. Son rôle de gardien des lieux saints de l’Islam lui donne une aura dans l’ensemble du monde musulman et le prince héritier Mohammed ben Salman (MBS) a bien en main le pouvoir sur son pays. Il pourrait comme Sadate en 1977 prendre une initiative déterminante pour planter une paix régionale.

Le sommet du 11 novembre réuni par MBS (https://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/israel-palestine/arabie-saoudite-un-sommet-consacre-a-gaza-organise_6179418.html) confirme le leadership que l’Arabie Saoudite peut prendre. Le communiqué final exige l’arrêt immédiat des opérations militaires israéliennes et rejette l’argument de la légitime défense. Il demande au Conseil de sécurité des Nations unies d’adopter une résolution contraignante en ce sens et appelle à une résolution de l’ONU pour une solution à deux Etats.

Les négociations politiques ne seront pas faciles. Elles dépendront de ce que les israéliens et les palestiniens accepteront et de la position des USA. Toute guerre aboutit un jour à un cessez-le-feu, mais elle peut reprendre. Le sujet du post 79 sera : quel chemin de Paix au Proche Orient peut-on envisager au bénéfice des futures générations ?